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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 01:02

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Barack Obama dans le Bureau Ovale de la Maison Blanche, lors de son discours du 15 juin 2010

Dans son « Discours à la Nation concernant le déversement de pétrole de BP » du 15 juin 2010, tenu de façon solennelle depuis le Bureau Ovale, le président Obama est revenu longuement sur la marée noire dans le Golfe du Mexique et la compagnie pétrolière British Petroleum (BP) ; cependant, environ un tiers de son intervention a porté sur la réorientation de la politique énergétique américaine vers la croissance verte.

C’est un véritable changement de cap, tant la situation énergétique américaine est délicate : 62,1% de la consommation énergétique américaine est fournie par le pétrole et le gaz ; 22,4% par le charbon ; 6,7% par les énergies renouvelables, principalement l’énergie hydraulique des grands barrages ; le solde provenant surtout de l’énergie nucléaire. Après son élection, Barack Obama avait fait un double choix : réduire prioritairement la part du charbon, dont la combustion produit la plus grande quantité de gaz à effet de serre, dans le bouquet énergétique américain ; et accroître l’indépendance énergétique américaine (pétrole), garante de la sécurité nationale. Pour arriver à ce but, Barack Obama a choisi de relancer la filière nucléaire – les Etats-Unis ayant déjà le premier parc mondial de centrales nucléaires, devant la France – et d’encourager la production pétrolière américaine, notamment en levant un moratoire sur les forages offshore vieux de plus de 20 ans le 31 mars 2010 (sur ce sujet, voir aussi l’article "Marée noire dans le Golfe du Mexique : Barack Obama empêtré dans une situation embarrassante par le système politique américain" en cliquant sur le titre).

Mais le 20 avril, la plate-forme pétrolière offshore Deepwater Horizon de BP explose dans le Golfe du Mexique, puis coule deux jours plus tard : c’est le début de la marée noire en Louisiane et dans les autres états riverains.

Un peu moins de 2 mois après, le président Obama, qui a trop longtemps fait confiance à BP, tourne la page : 20 milliards de dollars seront bloqués sur un compte sous séquestre, pour garantir les coûts qui résulteront de la marée noire. Et par ailleurs, Barack Obama réoriente sa politique énergétique vers la croissance verte, avec quelques pistes, il affirme clairement une « volonté politique » :

-choix de localiser la fabrication des outils de production d’énergie renouvelable aux Etats-Unis : turbines pour éoliennes, panneaux solaires ;

-isolation thermique des bâtiments et logements (fenêtres notamment), et au-delà, réflexion sur« l’efficacité énergétique » des logements, au même titre que ce qui a déjà été fait outre-atlantique pour les voitures et les camions ;

-renforcer l’efficacité énergétique des voitures et des camions ;

-réflexion sur un accroissement de la part du solaire et de l’éolien dans le bouquet énergétique américain ;

-réflexion sur la recherche et le développement dans le secteur des énergies propres, en prenant comme élément de comparaison le niveau de recherche et développement dans les hautes technologies américaines ;

-volonté politique d’unir les Etats-Unis dans cette action, de recueillir les idées des deux grands partis américains, d’agir malgré l’ampleur de la tâche et malgré le fait que le pays vienne de sortir de la récession, appel au peuple américain à se dépasser comme il l’a fait en allant marcher sur la lune ;

-et dans ces conditions, possibilité de créer des millions d’emplois et une nouvelle source de croissance : ce qu’on appellerait en France « la croissance verte ».

Certes, le projet de loi sur l’énergie et le climat de Barack Obama est bloqué depuis 6 mois au Sénat, notamment à cause du lobby pétrolier, et de la perte en janvier 2010 d’un siège stratégique par les démocrates, celui de Ted Kennedy, décédé en 2009, qui entraîne aussi la perte de la majorité qualifiée de 60 sénateurs sur 100.

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Dessin de Martin Vidberg (www.martinvidberg.com)

Mais avec les effets dévastateurs de la marée noire dans le Golfe du Mexique, où l’incapacité de BP à trouver une solution a été étalée au grand jour, et les élections de mi-mandat en novembre 2010, les cartes devraient être rebattues.

De ce fait, si Barack Obama arrive à faire voter sa loi sur l’énergie et le climat, et si les pistes de réorientation de la politique énergétique américaine vers la croissance verte qui se dégagent du discours du 15 juin sont suivies jusqu’au bout, selon la volonté politique forte qui se dégage du discours du président américain, alors la démarche adoptée sera proche de celle affichée par Ségolène Royal dans sa contribution au Nouveau Modèle de Développement Economique, Social et Ecologique du Parti socialiste français. Avec des spécificités américaines tout de même : les Américains restent attachés à leur voiture, par exemple, mais des carburants alternatifs sont disponibles : éthanol, méthanol, batteries électriques. Les Américains pourraient rouler « propre » plus rapidement qu’on ne le pense.

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Voiture électrique EV1 de General Motors en 1996

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Voiture électrique de la marque californienne Tesla, modèle S présenté en mars 2009 ; autonomie maximale de 480 km, rechargement en 3 voltages, temps minimum de rechargement complet 45 minutes, possibilité de changer de batterie pour ne pas attendre, toit panoramique de verre avec cellules photovoltaïques en option.

« Ce qui a défini notre nation depuis sa création, c’est notre capacité à forger notre destin – notre détermination à nous battre pour l’Amérique que nous voulons pour nos enfants. » disait le président Obama dans son discours du 15 juin 2010.

Texte original en anglais de l’extrait du discours ci-dessous ici.

Texte original intégral en anglais du discours ici.

Traduction ci-dessous par la Rédaction de Militants de l'Espoir à Gauche avec Ségolène Royal.

Frédérick Moulin

 

-oOo-

 

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La Maison Blanche

Bureau du Porte-Parole de la Maison Blanche

15 juin 2010

Discours du Président à la Nation concernant le déversement de pétrole de BP

Bureau Ovale

« […] Ainsi une des leçons que nous tirons de ce déversement est que nous avons besoin de meilleurs règlements, de meilleures normes de sécurité, et d’une meilleure application de ces normes quand il s’agit de forages offshore. Mais une leçon plus importante doit être tirée : peu importe le degré d’amélioration que nous apportons aux règlements de notre industrie, les forages pétroliers, de nos jours, comportent un risque plus grand encore. Après tout, le pétrole est une ressource limitée. Nous consommons plus de 20% du pétrole mondial, mais détenons moins de 2% des réserves mondiales de pétrole. Et c’est en partie la raison pour laquelle les compagnies pétrolières forent à un mile [=1609 m, NdlR] sous la surface de l’océan – parce que nous trouvons de moins en moins d’endroits où forer sur la terre ferme et dans les eaux peu profondes.

Pendant des décennies, nous avons su que les jours du pétrole bon marché et facilement accessible étaient comptés. Pendant des décennies, nous avons parlé encore et encore de la nécessité de mettre fin à la dépendance américaine qui existe depuis un siècle vis-à-vis des combustibles fossiles. Et pendant des décennies, nous avons échoué à agir avec la célérité requise par ce défi. Maintes fois, les avancées ont été bloquées – pas uniquement par les lobbyistes industriels, mais aussi par un manque de courage et de sincérité politique.

Les conséquences de notre inaction sont maintenant exposées aux yeux de tous. Des pays comme la Chine investissent dans les emplois et les industries des énergies propres qui devraient se trouver ici, en Amérique. Chaque jour, nous envoyons à des pays étrangers 1 milliard de notre argent pour acheter leur pétrole. Et aujourd’hui, quand nous regardons le Golfe [du Mexique, NdlR], nous voyons notre mode de vie tout entier menacé par une nappe de pétrole brut.

Nous ne pouvons pas léguer un tel futur à nos enfants. La tragédie qui se déroule sur nos côtes nous rappelle dans la douleur et avec force que le temps d’embrasser un futur basé sur les énergies propres est arrivé. Cette génération doit maintenant s’engager dans une mission d’envergure nationale : ouvrir les vannes de l’innovation américaine et maîtriser notre propre destin.

Ce n’est pas une façon de voir l’Amérique à lointaine échéance. La transition des combustibles fossiles vers d’autres sources d’énergie va prendre du temps, mais au cours des 18 derniers mois, nous avons déjà entrepris des actions sans précédent pour démarrer une industrie des énergies propres. Au moment où nous parlons, d’anciennes usines ouvrent à nouveau pour produire des turbines pour éoliennes, des gens installent à nouveau des fenêtres qui permettent une isolation thermique, et de petites entreprises fabriquent des panneaux solaires. Des consommateurs achètent des voitures et des camions à l’efficacité énergétique renforcée, et des familles augmentent l’efficacité énergétique de leurs logements. Des scientifiques et des chercheurs découvrent des technologies liées aux énergies propres, qui nous conduiront un jour à des industries entièrement nouvelles.

Chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans un futur qui bénéficiera à tous. Au moment où nous nous remettons de la récession, la transition vers les énergies propres peut être une source de croissance pour notre économie et créer des millions d’emplois – mais seulement si nous accélérons la transition. Seulement si nous saisissons l’opportunité qui nous est donnée. Et seulement si nous nous rassemblons tous et agissons comme une nation unie – travailleurs et entrepreneurs ; scientifiques et citoyens ; secteur public et secteur privé. Quand j’étais candidat au poste de président, j’ai exposé un ensemble de principes qui mènerait notre pays vers l’indépendance énergétique. L’an dernier, la Chambre des Représentants a fait voter, sur la base de ces principes, une loi ambitieuse et complète sur l’énergie et le climat – une loi qui fait définitivement des énergies propres les énergies rentables pour les entreprises américaines.

Cependant, des coûts sont associés à cette transition. Et il en est qui croient que nous n’avons pas les moyens de faire face à ces coûts en ce moment. Je dis que nous ne pouvons pas nous offrir le luxe de ne pas changer notre façon de produire et de consommer de l’énergie – parce que les coûts à long terme pour notre économie, notre sécurité nationale, et notre environnement sont bien plus grands encore.

Je suis donc heureux de faire appel à d’autres idées et à d’autres approches, provenant d’un parti comme de l’autre – tant qu’elles s’attaquent à notre dépendance aux combustibles fossiles. Certains ont suggéré d’augmenter l’efficacité énergétique de nos bâtiments comme nous l’avons fait pour nos voitures et nos camions. Certains croient que nous devrions fixer des normes pour nous assurer qu’une part plus importante de notre électricité vienne de l’énergie éolienne et solaire. D’autres se demandent pourquoi le secteur de l’énergie ne dépense qu’une fraction de ce que les industries de haute technologie dépensent en recherche et développement.

Toutes ces façons d’aborder le problème ont de la valeur, et méritent d’être écoutées de façon équitable dans les mois à venir. Mais la façon d’aborder le problème que je n’accepterai pas sera l’inaction. La réponse que je refuserai sera l’idée que ce défi est trop vaste et trop difficile à traiter. Vous savez, on disait la même chose sur notre capacité de produire suffisamment d’avions et de tanks pendant la Seconde Guerre Mondiale. La même chose a été dite à propos de notre capacité à maîtriser la science et la technologie pour faire atterrir un homme sur la lune. Et cependant, nous avons maintes fois refusé d’accepter les limites dérisoires de la croyance populaire. Au lieu de cela, ce qui a défini notre nation depuis sa création, c’est notre capacité à forger notre destin – notre détermination à nous battre pour l’Amérique que nous voulons pour nos enfants. Même si nous ne sommes pas exactement certains de ce à quoi elle ressemblera. Même si nous ne savons pas encore précisément comment nous allons y parvenir. Nous savons que nous y arriverons. […] »


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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Ecologie - Environnement
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