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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 00:06

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(Associated press)

Samedi 13 novembre, vers 17 heures, heure locale, la junte militaire de Birmanie a libéré sa grande rivale, l’opposante Aung San Suu Kyisymbole de la lutte pour la démocratie dans le pays. Quelques centaines au début, ce sont finalement près de 5 000 supporters en délire qui se sont rassemblés devant sa villa à Rangoun, et Aung San Suu Kyi, souriante, fleur dans les cheveux, est apparue à la porte de sa résidence, avec un tee-shirt rose à manche longues et tenant un mouchoir blanc dans sa main. La foule amassée l’a acclamée puis a chanté l’hymne national.

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Les supporters d'Aung San Suu Kyi l'acclament et chantent l'hymne national (European Pressphoto Agency)

« Si nous travaillons ensemble, nous atteindrons notre but. Nous avons beaucoup de choses à faire », a annoncé l’opposante à la junte militaire au pouvoir. « Si vous voulez m’entendre, venez s’il vous plaît demain midi à mon bureau » de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), son parti récemment dissous avec lequel elle a mené son combat depuis son apparition sur la scène politique birmane en 1988, a-t-elle ajouté. « Nous ne nous sommes pas vus depuis si longtemps, j’ai beaucoup de choses à vous dire. ».

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Les supporters d'Aung San Suu Kyi acclamant sa libération devant sa villa (Nyein Chan Naing/European Pressphoto Agency)

« Elle est notre mère, elle est notre mère ! », a crié une femme au bord des larmes dans la foule.

Aung San Suu Kyi, 65 ans, prix Nobel de la paix 1991, sort d’une période de détention de 7 ans et demi, mais a été maintenue en résidence surveillée 15 des 21 dernières années, et symbolise la lutte pour la démocratie dans un pays dirigé par les militaires depuis 1962.

La junte militaire a eu beau faire, elle est restée insoumise« L’énergie qui l’habite est toujours là, l’engagement est toujours là. Elle est ce que tout le monde dit : elle est pondérée, élégante, et très impressionnante – mais elle est aussi bien informée. », explique Andrew Heyn, l’ambassadeur de Grande Bretagne en Birmanie, l’un des rares étrangers à avoir pu rencontrer Aung San Suu Kyi récemment.

Sa libération a lieu au terme d’une période de détention de 18 mois, à laquelle elle a été condamnée pour avoir hébergé un AméricainJohn Yettaw, qui avait nagé sans avoir été invité jusqu’à sa maison située au bord d’un lac, et qu’Aung San Suu Kyi avait hébergé pour la nuit – car il paraissait épuisé et mentalement perturbé – violant ainsi les conditions de sa détention surveillée.

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Aung San Suu Kyi : « Si vous voulez m’entendre, venez s’il vous plaît demain midi à mon bureau » (Soe Zeya Tun/Reuters)

Cette libération a lieu une semaine après les élections du 7 novembre remportées par le parti proche de la  junte militaire au pouvoir et considérées par les pays occidentaux comme un simulacre destiné à perpétuer un pouvoir hégémonique. Transparency International classe la Birmanie avant-dernière au classement 2010 de son Indice de Perception de la Corruption (IPC), soit 176ème ex-aequo sur 178, juste devant la Somalie. Reporters Sans Frontières, dans son classement mondial de la liberté de la presse 2010, classe la Birmanie à la 174ème place sur 178, devant l’Iran, le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Erythrée.

Le président Obama a salué « une de mes héroïnes » et « se réjouit de sa libération, qui aurait dû avoir lieu depuis longtemps ». « Qu’Aung San Suu Kyi vive prisonnière de sa maison ou bien prisonnière de son pays ne change rien au fait qu’elle - et l’opposition politique qu’elle représente - a été systématiquement contrainte au silence, emprisonnée, et dépossédée de toute possibilité de s’engager dans la vie politique [birmane]. », a souligné le président des Etats-Unis.

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L'annonce de la libération d'Aung San Suu Kyi a été célébrée dans le monde entier. À New Dehli, en Inde, les exilés birmans sont descendus dans la rue (Manpreet Romana/AFP-Getty Images)

Le Premier ministre britannique David Cameron a également déclaré que la libération aurait dû avoir lieu depuis longtemps. « Aung San Suu Kyi est une source d’inspiration pour tous ceux qui croient à la liberté d'expression, à la démocratie et aux droits de l’homme », a-t-il ajouté. « Son maintien en détention représentait une parodie de justice, qui avait pour seul but de réduire au silence la population birmane.Aung San Suu Kyi a droit à sa liberté. Le régime birman doit dorénavant la respecter. »

« Il est maintenant crucial qu’Aung San Suu Kyi ait une liberté de mouvement et de parole totale, et puisse participer pleinement à la vie politique de son pays. », a insisté le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, demandant aussi la libération de « tous les autres prisonniers politiques. ».

La chancelière allemande Angela Merkel a également salué la libération de l'opposante, « appelant à libérer les plus de 2 000 autres prisonniers politiques » que compte la Birmanie. « Aung San Suu Kyi est une figure symbolique du combat mondial pour les droits de l'homme. Son pacifisme et son intransigeance ont fait d'elle un modèle », a conclu Mme Merkel.

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Aung San Suu Kyi a salué ses supporters amassés devant sa villa jusque dans la nuit birmane (Getty Images)

La France, par la voix de Nicolas Sarkozy, s’est également réjouie de la libération de l’opposante birmane, et a mis en garde les autorités birmanes.

Les critiques pleuvent sur les élections du 7 novembre 2010remportées par le parti soutenu par la junte militaire, le Parti de la Solidarité et du Développement de l’Union (USDP) : les résultats arrivent au compte-goutte, mais déjà l’USDP détient la majorité dans les deux chambres du Parlement.

Les dernières élections, en 1990, avaient été gagnées de façon écrasante par la LND d’Aung San Suu Kyi, mais les militaires avaient refusé de passer la main et préféré bâillonner l’opposition. Au-delà de la libération de la leader du LND, 2 200 prisonniers politiques restent en détention, et les minorités ethniques sont toujours l’objet de campagnes militaires brutales.

Il est peu probable que la junte militaire laisse une liberté d’action à Aung San Suu Kyi, mais certains voient une lueur d’espoir dans sa libération« Il n’y a pas d’opposition institutionnelle [en Birmanie], alors sa libération représente une occasion de revitaliser et de réorganiser cette opposition. Ainsi, en ce qui concerne la revitalisation concrète de l’opposition, la libération de Suu Kyi sera déterminante. », analyse Muang Zarni, dissident exilé et chercheur birman à la London School of Economics.

Aung San Suu Kyi elle-même s’est gardée de tout optimisme : « Ma libération ne doit pas être analysée comme une avancée majeure de la démocratie. L’avancée majeure de la démocratie, ce serait que l’ensemble des Birmans jouissent des éléments fondamentaux de la liberté. », avait déclaré l’opposante à la junte militaire en 2002.

Le paysage politique a changé ces dernières années : une nouvelle constitution, de nouvelles structures régionales, un nouveau conseil de la sécurité nationale, de nouveaux partis d’opposition, même s’ils demeurent faibles et de taille restreinte, avec une représentation au Parlement symbolique. Pour la première fois, une génération de militaires n’a pas été formée en Occident et perçoit les Etats-Unis comme la principale menace pour la Birmanie. Durant les sept dernières années de détention d’Aung San Suu Kyi, de nouveaux groupes d’entraide ont également émergé.

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De nombreux Birmans ont boycotté les élections, considérées comme un simulacre, un exercice vide légitimant le maintien au pouvoir des militaires (The New York Times)

Aung San Suu Kyi devra également rapprocher ses partisans divisés sur la participation aux élections du 7 novembre dernier. De nouveaux défis attendent Aung San Suu Kyi, dans un pays où la classe dirigeante est plus riche que jamais, alors que le peuple birman se débat dans un état de pauvreté effroyablePourquoi ? Parce que les milliards de dollars d’investissements coulent à flot de Chine et des autres pays d’Asie, et que le gaz et le pétrole, ainsi que les pipelines vers la Thaïlande voisine, procurent des revenus importants. Ce qui pourrait renforcer Aung San Suu Kyi, qui par sa résistance non-violente symbolise « le pouvoir des sans pouvoir » comme l’appelle Vaclav Havel.

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La pauvreté en Birmanie : une telle photo, prise à la veille des élections du 7 novembre, aurait entraîné plusieurs arrestations il y a quelques mois encore (The New York Times)

Prochain but : obtenir la libération des 2 200 prisonniers politiques qui restent dans les geôles de la junte birmane. « Aung San Suu Kyi devra affronter une montagne d’attentes et de défis », explique Aung Zaw, éditeur de The Irrawaddy, un magazine en exil basé en Thaïlande, « Elle est une citoyenne ordinaire, mais nombreux sont les gens qui estiment encore qu’elle dirige le mouvement démocratique en Birmanie, et pas simplement la LND. Les gens veulent que son leadership gagne du terrain. ».

Aung San Suu Kyi s’est engagée dans la lutte pour la démocratie dès 1988. Ayant passé la plus grande partie de sa vie à l’étranger, elle est rentrée en Birmanie pour s’occuper de sa mère souffrante juste au moment où des manifestations de masse avaient lieu contre 25 ans de pouvoir militaire. Elle a rapidement pris la tête du mouvement, en grande partie parce qu’elle était la fille du général Aung San, qui conduisit la Birmanie à l’indépendance, libérant le pays du joug britannique, avant d’être assassiné par des rivaux politiques.

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Une affiche du Parti de la Solidarité et du Développement de l'Unionsoutenu par les militaires. Très peu d'affiches électorales étaient visibles dans les rues avant les élections du 7 novembre, aucun débat n'avait été organisé, les observateurs indépendants s'étaient vu interdire l'accès aux élections, et l'accès à Internet du pays avait été interrompu. L'envoyé des Nations Unies pour les droits de l'homme en Birmanie a exprimé des doutes sur le loyauté des votes (The New York Times)

La LND a été dissous avant les élections du 7 novembre, car il refusait de se réinscrire pour ces élections, les jugeant déloyales et anti-démocratiques. Aung San Suu Kyi, qui n’a donc pas pu se présenter aux élections du début du mois et a refusé de voter, prévoit de lancer des investigations sur les allégations de fraude, selon U Nyan Win, porte-parole du parti dissous. Une telle action, qui pourrait gêner la junte militaire, est un exemple des actions qui a amené les militaires à mettre l’opposante birmane en résidence surveillée dans le passé.

Dans la Thaïlande voisine, son plus jeune fils, Kim Aris, qui espère avoir la chance de voir enfin sa mère pour la première fois en 10 ans, attend. Kim Aris vit en Grande-Bretagne et s’est vu constamment refuser son visa par les autorités birmanes.

Le mari défunt d’Aung San Suu Kyi, le spécialiste de la culture du Bhoutan, du Tibet et de l’Himalaya Michael Aris, a élevé ses deux fils en Angleterre. Leur fils aîné, Alexander Aris, a accepté le prix Nobel au nom de sa mère en 1991 et vit actuellement aux Etats-Unis.

Michael Aris est mort du cancer en 1999 à 53 ans, toutes ses demandes de visas pour voir sa femme les trois dernières années de sa vie lui ayant été refuséesAung San Suu Kyi aurait pu quitter la Birmanie pour rendre visite à sa famille, mais a décidé de ne pas le faire, par peur que la junte militaire birmane refuse de l’autoriser à rentrer en Birmanie par la suite.

Samedi après-midi, le comité Nobel de la Paix a invité Aung San Suu Kyi à Oslo où elle avait été empêchée de se rendre pour recevoir son prix en 1991. Le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a demandé à la junte birmane de donner à Aung San Suu Kyi toutes les garanties pour qu'elle puisse regagner son pays si elle était autorisée à le quitter, ce qui constituerait un test de la réelle volonté d'ouverture de la junte militaire birmane, qui a attendu la fin des élections pour procéder à la libération de la plus emblématique des prisonniers et prisonnières politiques du pays.

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Des milliers de supporters en liesse attendaient Aung San Suu Kyi au siège de la LND dimanche (AP/Pankaj Nagia)

Dimanche 14 novembre, Aung San Suu Kyi s'est adressée aux milliers des supporters qui l'attendaient au siège de la LND. « Je veux travailler avec toutes les forces démocratiques », a-t-elle annoncé. « Je n'ai aucune rancune à l'égard de ceux qui m'ont détenue. Je crois en les droits de l'homme et en la règle de droit», a-t-telle poursuivi. « J'ai besoin de l'énergie du peuple (...). Je veux entendre la voix du peuple et ensuite nous déciderons de ce que nous voulons faire », a promis Aung San Suu Kyi, ajoutant qu'elle souhaitait oeuvrer « pour augmenter le niveau de vie du peuple».

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Aung San Suu Kyi devant les cadres de la LND : "Je veux travailler avec toutes les forces démocratiques" (Reuters/Soe Zeya Tun)

« Le fondements de la démocratie reposent sur la liberté d'expression », a souligné l'opposante à la junte birmane. « La démocratie se définit par le contrôle du gouvernement par le peuple. J'accepterai que le peuple exerce son contrôle sur moi. ». Puis elle a conclu en martelant : « Vous devez vous lever pour ce qui est juste. »

Un communiqué du gouvernement samedi avait indiqué que Mme Aung San Suu Kyi avait été libérée sans condition. Dimanche, U Nyan Win, l'avocat de Mme Suu Kyi, a confirmé que sa libération était inconditionnelle.

Ségolène Royal, martelait, lors de la Convention nationale du PS sur la Nouvelle Donne Internationale et Européenne, samedi 9 octobre 2010, à La Défense :

« Le gouvernement [français] a pris le risque d’affaiblir notre image dans des proportions inédites et indignes de la cinquième puissance mondiale. », et elle ajoutait : « Car la République exemplaire, nous la devons à ceux qui se battent, partout dans le monde, et qui ont besoin d’exemples positifs pour fortifier leur lutte. Nous la devons aux militants des droits de l’homme, à Sakineh Ashtiani en Iran, à Aung San Suu Kyi en Birmanie, et à d’autres, pour que vienne un espoir. »

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Aung San Suu Kyi recevant des fleurs de la foule de ses supporters (European Pressphoto Agency)

Pour Aung San Suu Kyi, l’espoir s’est concrétisé. Il reste maintenant à le faire durer, face à la junte militaire birmane en place, et à faire en sorte que les fleurs de la démocratie s’épanouissent en Birmanie, comme elles se sont épanouies samedi 13 novembre 2010 à Rangoun, dans les cheveux d’Aung San Suu Kyi, après avoir été lancées à l’icône démocrate birmane par la foule de ses supporters, qui chantait l’hymne national.

Frédérick Moulin

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Published by Militants de l'Espoir à gauche - dans Actualité internationale
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