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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 17:39

 

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(FM pour MEAGSR)

Un mot à toi, d’abord, Ségolène, je te suis très reconnaissant de m’avoir invité, c’est toi qui en as eu l’initiative. (Applaudissements) Et compte tenu de ce qu’ont été nos rapports détestables naguère, et des risques qu’on prend toujours à me donner la parole, (Rires) c’est la preuve de beaucoup d’audace de ta part mais personne ici, je suppose, n’en est surpris. Alors (Applaudissements), j’avais à peine mis le pied ici, qu’on me demandait si j’allais me ségoléniser. (Rires) Ce n’est pas dans mes moyens. (Rires) Et je doute qu’elle ait l’intention de se mélenchoniser. (Rires)

Soyons donc sérieux et responsables comme nous le sommes en cet instant. Vous feriez mieux de vous dire, vous tous là, hein, (Rires) faut réfléchir. Il faut vraiment que ce pays aille mal pour que même des gens qui se sont tirés la bourre comme nous se retrouvent pour faire une proposition en commun. (Applaudissements) C’est ça la vraie leçon d’aujourd’hui. Et je comprends que quelqu’un qui a ambitionné et ambitionne encore de représenter son pays s’alarme de la situation dans laquelle nous sommes.

Les retraites, « une longue lutte qui a abouti par un vote du peuple français »

Et nous avons une mission à accomplir. Cette mission, c’est de proposer une issue par le haut à l’impasse dans laquelle ce président si sévèrement dégondé a mis ce pays. Car regardez où nous en sommes. D’abord du point de vue du temps long, dont nous avons reçu l’héritage dans le devoir de lutte. Cette année est le centième anniversaire des lois des retraites ouvrières et paysannes. Quand pour la première fois Jean Jaurès explique qu’un grand pas a été franchi parce que l’on va donner le droit à ceux qui ont été brisés par le travail de faire la pause, et de compter sur leurs propres revenus plutôt que sur l’appui de leurs enfants ou de leur parentèle pour les prendre en charge, c’était un grand moment de l’histoire ouvrière. (Applaudissements) Et Jean Jaurès vous a donné en héritage son discours sur le sujet en disant : « Aujourd’hui, c’est 65 ans, mais nous allons continuer et nous repousserons la date. ». Et comment se fait-il que 100 ans après, ce dont on discute, c’est de constater que la classe ouvrière et les employés sont condamnés aux travaux forcés jusqu’à 67 ans ? (Applaudissements, « Ouaaaaais ! ») Voilà ce que vient de décider le président de la République.

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Photo : Christine Pichette

Alors, héritiers de cette longue histoire nous lui disons, puisqu’il a eu le mauvais goût de citer François Mitterrand, que la retraite à 60 ans n’est pas le caprice de notre président. C’est le résultat d’une longue lutte populaire, syndicale, ancrée dans les masses, qui a trouvé son débouché après que des générations de syndicalistes se soient usés la peau à le défendre et à en convaincre autour de soi, non seulement ceux à qui il fallait l’arracher de vive force, mais le travailleur, la travailleuse qui se disaient : « C’est trop beau pour être vrai. ». Je me rappelle étant jeune homme, comment je faisais du porte-à-porte avec le Programme commun à la main, moi qui n’avais pas 30 ans, et qui allais expliquer à des gens plus âgés que moi, qu’on pouvait faire la retraite à 60 ans et que le président Mitterrand le ferait. C’est une longue lutte qui a abouti, par un vote du peuple français, (Applaudissements) un vote, pas un caprice. Après 9 ans de mêlée ouverte sur le Programme commun, le peuple français a voté.

« Sarkozy» : « je vais vous faire l’ennui de vous relire ses propos »

Et le président de la république actuel le sait si bien que je vais vous faire l’ennui de vous relire ses propos, de manière à ce que ceux qui nous entendent nous filment et nous écoutent, en gardent la mémoire toute fraîche. Interview au Monde le 27 janvier 2007, Ségolène doit s’en rappeler : « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer. », signé : Sarkozy. (Huées) 27 mai 2008 sur RTL à propos de la perspective du relèvement de l’âge légal, Sarkozy a répondu tout aussi clairement, deux points, ouvrez les guillemets : « J’ai dit que je ne le ferai pas. Je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français, je n’ai donc pas de mandat pour cela. » (Huées) C’est lui qui le dit.

« Le référendum d’initiative populaire » et le « référendum » décidé par le président

Par conséquent, nous qui nous en tenons à la parole donnée, et répétée, nous sommes en droit de dire : si, Monsieur le président, vous aviez exigé de votre majorité dont il est prouvé depuis 2 jours que vous pouvez lui imposer n’importe quel comportement, fut-ce les plus irresponsables, comme on l’a vu pour interrompre un débat parlementaire, puisque vous pouvez tout, et notamment les convoquer à l’Elysée pour leur donner des consignes, ce que le président Mitterrand ne s’était jamais risqué [à faire] avec le Parti socialiste, eh bien vous pouvez leur dire, vous auriez pu leur dire : votez la loi organique qui rend possible le référendum d’initiative populaire, parce que c’est votre réforme de la Constitution(Applaudissements) qui le rendait possible, à l’article 11.

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Photo : Christine Pichette

Et si ça n’a pas été fait, alors vous avez le pouvoir politique de dire : je n’avais pas de mandat pour ça, je vous ai expliqué qu’il fallait réformer, je demande l’avis du peuple français, donc j’organise un référendum. (Applaudissements) C’est une possibilité que nous ne mendions pas, c’est un grand peuple libre qui s’adresse à ses responsables élus et leur demande de pouvoir avoir le droit à la parole auquel il est naturel qu’il ait le droit puisque nous sommes dans une république.

« Le président a donné des arguments paraît-il chiffrés. Nous en avons d’autres. »

Il fallait que le président ait une raison impérative pour passer outre sa propre parole, laquelle ? C’est ce que nous voulons savoir. Pour quelle raison faut-il remettre en cause la retraite à 60 ans ? Il a donné des arguments paraît-il chiffrés. Nous en avons d’autres. Peut-on nous faire la démonstration que nous mentons ? Non ! Nous avons montré comment on peut financer, et qu’au bout de ces financements qui consistent à demander à ceux qui ont beaucoup de donner pour ceux qui ont moins, qui ne réclament pas leurs fortunes insensées, (Applaudissements) mais seulement le droit aux petits bonheurs de l’existence, qui consistent à s’occuper de soi, à partir de l’âge où on ne peut pas s’occuper autant qu’on le voudrait des autres dans son métier ou dans sa profession. C’est tout ce que demande le peuple. Ce petit bonheur simple qui s’appelle le droit à la retraite.

« Le 23, nous serons par milliers et millions de nouveau dans la rue. »

Alors, s’il n’a pas d’argument, s’il y a doute, et puisque comme vous le savez, le 23, marchant derrière les banières de nos syndicats, nous serons par milliers et millions de nouveau dans la rue (Applaudissements), parce que vous allez faire le travail d’aller chercher les amis, les voisins, les cousins, à pied, à cheval, en bicyclette, tout le monde sera dans la rue. Et tous ces travailleurs qui vont sacrifier une journée de travail ne le font pas pour le plaisir. Et vous savez comme moi que d’ores et déjà maintes corporations appellent à une grève reconductible. Je ne me mêlerai pas, je n’aurais pas cette audace, de dire ce que doivent faire les syndicats, ni les travailleurs, ils le savent, mais maintes corporations l’ont décidé. Que veut ce président à la fin ? Un bras de fer général avec le peuple français ?

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Photo : Christine Pichette

« Nous voulons qu’on nous regarde au moment où on le propose. »

J’achève. J’estime que la proposition de Ségolène, la mienne, celle du journal Politis, sans doute d’autres camarades, est une position responsable de démocrates qui cherchent une issue pour leur peuple par le haut, qui cherchent à abréger la souffrance de la lutte, car il n’y a que les bourgeois qui croient qu’on fait la grève par plaisir, et la manifestation pour se promener. (Applaudissements, « Bravo ! », « Ouaaais ! ») Oui abréger les souffrances de la lutte, car la lutte coûte, c’est pourquoi nous proposons ce référendum. Et si nous nous sommes retrouvés aujourd’hui, et je veux t’en rendre l’hommage, c’est pour la raison que nous voulons qu’on nous regarde au moment où on le propose, au lieu qu’on tourne les yeux comme chaque fois qu’on le fait, et comme tu as eu le cran de le faire encore sur France 2 l’autre soir. (Applaudissements, « Bravo ! ») Pourquoi regardent-ils ailleurs, pourquoi regardent-ils ailleurs quand on leur parle de démocratie ? Pourquoi n’entendent-ils que le langage de la violence et de la confrontation ? Nous accomplissons notre devoir de responsables politiques. Vive la République, vive la France ! (Applaudissements, « Bravo ! »)

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